Présentation de l'association

 

Notification

Le Cercle Kondratieff est une association loi 1901, elle entend être apolitique. Elle ne s’exprime officiellement que par la seule voix de son Président.
Les opinions exprimées par certains de ses membres en dehors de l'objectif et des actions menées par l'association n’engagent que leurs auteurs.
En aucun cas le Cercle Kondratieff  ne s’associe ou ne s’associera aux dites opinions.

 

Notre histoire

Le Cercle Kondratieff a été fondé juste après la crise russe d'août 1998 par une poignée d'intellectuels, d'hommes de l'appareil d'Etat et de responsables du secteur privé qui avaient pris la mesure de l'insuffisance de la stratégie de l'Europe face à son grand voisin russe et du potentiel immense de partenariat que l'on pouvait et devait établir de l'Atlantique à l'Oural. A la fin de 1998, à l'initiative de Christophe Cordonnier, premier président du Cercle et alors responsable du service d'études économiques sur les pays émergents de Crédit Agricole, douze pionniers dont notamment Alexandre Adler, Michel Aglietta, Christian de Boissieu, Olivier de Boysson, Jean-Paul Fitoussi, Marek Halter, Pascal Lorot et Jacques Sapir, proposent au journal Le Monde un texte commun qui prend le contre-pied de la vision noire de la Russie qui prévalait alors.

Bien que nombre des signataires soient des grands chroniqueurs du Monde, Le Monde refuse de le publier. Il sortira quand même quelque temps plus tard dans les tribunes de Libération sous le titre ô combien provocateur et ô combien précurseur de "La Russie peut aider l'Europe". Il aura fallu près de quinze ans et la crise de l'euro pour que nos dirigeants prennent enfin la mesure de cette lointaine anticipation...

Le texte fondateur reste d'une étonnante fraîcheur. Il traite bien sûr de l'urgence, à un moment où les risques économiques et sociaux qui pesaient sur la Russie étaient considérables, mais, dans la tempête, il sait prendre la nécessaire distance. La référence de long terme à l'histoire de la Russie et de l'Europe via le prisme d'Alexandre Gerschenkron, probablement l'un des meilleurs analystes de la Russie, permet de caler une vision perspective autour de deux axes fondamentaux: il n'y aura pas d'Europe forte sans une relation forte avec la Russie, et il n'y aura pas de relation forte sans la prise en compte du caractère spécifique de la Russie, notamment dans sa dimension eurasienne, désormais si évidente, et que le texte esquisse dans une comparaison avec le Mercosur.

Les premiers mois d'activité sont intenses. Internet a fait son apparition et la mise en réseau devient un jeu d'enfants. Le Cercle tisse sa toile. Réunions de ci de là, souvent à l'initiative du très actif Jacques Sapir, séminaires de travail, rencontres au plus haut niveau. En mai 1999, avec le soutien de l'Ambassadeur de France Colin de Verdière, un premier séminaire est organisé au Haut Collège d'Economie à Moscou. L'atmosphère est tendue, le Premier Ministre Primakov vient d'être congédié. Mais le Cercle avance. A la réception donnée par l'Ambassadeur en son honneur on trouve des personnalités de premier rang, et la Russie, alors paria de la communauté internationale, lui offre un accès privilégié à certains de ses hauts responsables politiques.

L'été 1999 apporte son lot de bonnes nouvelles: stabilisation politique, forte reprise économique. La crise russe s'estompe, le Cercle s'interroge sur son avenir. Comment rester audible lorsque tout va mieux? le choix est alors fait de mettre le cap sur des actions plus focalisées que les grandes réflexions de nature générale qui avaient initialement prévalu. On travaille sur des schémas de conversion de dettes en investissement et puis sur l'investissement tout court, notamment dans le secteur agro-alimentaire qui paraît alors de nature à combiner les compétences des intellectuels, économistes, sociologues, géographes et celles des hommes d'affaires.

Le 16 octobre 1999, l'association est officialisé dans le Journal Officiel, sous le n°1205

En novembre 1999, le Cercle organise à Avallon-Vézelay son premier Forum agro-alimentaire sur la Russie. Deux hommes y jouent un rôle majeur: Yves van Haecke, maire d'Avallon et inspecteur général de l'Agriculture, qui deviendra le deuxième président du Cercle et qui nous a hélas quitté et Jean-Jacques Hervé, le très actif conseiller agricole de l'ambassade de France à Moscou. C'est un très grand succès: Avallon a su réunir des décideurs russes stratégiques comme l'ex-ministre de l'Agriculture Viktor Khlystoune, des grands de l'agro-alimentaire en France comme Dreyfus, Danone, Bonduelle, Soufflet, des banques comme le Crédit Agricole ou la BERD, et de simples agriculteurs de Bourgogne venus initialement en curieux.

La curiosité étant le meilleur des défauts, le Cercle organise en juin 2000 un déplacement d'une vingtaine de Bourguignons, sous la houlette d'Yves Van Haecke, à Voronej; Dreyfus y est la puissante invitante et fait bien les choses. Visites des Terres noires et réception dans le fascinant haras de Bobrov, un immense complexe néo-classique créé par le comte Orlov au cœur de la steppe. Il y a bien sûr le pain et le sel, puis la vodka, les chants et les danses. Yves Van Haecke, quelque peu sous l'emprise de l'alcool, porte les toasts, y compris au milieu de la rivière Bitiouk.

Le serment de Bitiouk, c'est celui d'un partage entre la Russie et la France, la Russie et l'Europe. Et l'on se met à bâtir des idées susceptibles désormais de concrétisation. L'élevage, si fécond en Bourgogne, semble un bon point de départ: avec quelques subsides du Conseil Général de l'Yonne et de la Région de Bourgogne on arrive à faire venir de jeunes étudiants de l'Université agraire de Moscou en stages longs en France. Certains resteront près de six mois dans nos fermes. Puis, l'Etat apporte lui aussi son obole, ce qui permet de monter un deuxième Forum, plus réussi encore que le premier. Nous sommes le 11 septembre 2001. On attend avec impatience l'arrivée de Mikhail Gorbatchev que le banquier Alexander Lebedev, qui collabore alors étroitement avec le Cercle, a promis d'emmener dans ses bagages. Entre temps, on procède à l'intronisation auprès des Piliers Chablisiens d'Igor Outchatchev, vice-ministre de l'Agriculture, et de René André, président du Groupe d'amitiés franco-russe à l'Assemblée nationale. Les toast et bans bourguignons font un écho doré à la pâle vodka du Bitiouk. La journée est superbe, et puis le drame éclate.

Et la lente progression du Cercle se poursuit. Les projets s'enchaînent: Russian Farm Entrepreneur Programme, avec le COCOP de la coopération française, le PNUD des Nations-Unies, la SFI du groupe Banque Mondiale, et une superbe conférence à l'Université Timiryazev à Moscou et un travail de terrain à Kalouga. La ville, promise à un bel avenir du fait des investissements étrangers, est alors une grosse bourgade endormie. On y trouve une usine de vodka et un beau musée aérospatial, mais aucun hôtel digne de ce nom. Alors on improvise et l'on loge les participants au Forum dans un hôpital dédié aux maladies oculaires. On chausse des sur-chaussures en plastique bleu et l'on pousse la réflexion.

Après le RFEP, le Cercle, dénué de toute base financière et logistique, gagne un appel d'offres de l'Union Européenne pour une projet de jumelage entre la Région de Bourgogne et celle de Kalouga centrée autour des filières bovines et du tourisme rural. Le projet est piloté sur le terrain par une brillante spécialiste de russe, Carole Pompon. Avec de petits moyens, elle fait plus que la plupart des grands projets d'aide: formation de bouchers au combinat local avec le soutien d'un jeune retraité français René Gaufroy, formation de paysans russes par un autre retraité, éleveur cette fois, Jean-Pierre Guyard, envoi en formation des Russes en France, notamment dans les magasins Auchan du Groupe Schiever.

Et côté tourisme, mise en place de tous les éléments d'une politique de tourisme rural avec en particulier publication du premier guide de Kalouga.

La Russie elle aussi change. Le temps des projets "d'aide" se termine et c'est tant mieux. Le pays a renoué avec une certaine prospérité. L'administration y est moins encline à y recevoir des conseils, voire même des suggestions. Le Cercle cesse d'y bâtir de nouveaux points concrets de coopération et déplace son savoir-faire vers d'autres pays de la région, comme le Tadjikistan où plusieurs missions de formation impliquant des paysans et bouchers de Bourgogne sont menées. Mais ce n'est là qu'un pis-aller. Il faut de nouveau que le Cercle se redéfinisse.

L'ancrage agricole et rural du Cercle lui avait permis de mener des actions d'un caractère exemplaire et novateur, mais où fort peu de ses membres initiaux et des personnes attachées à la Russie pouvaient se retrouver. D'où une progressive désaffection se traduisant par une érosion du nombre de membres cotisants.

A l'arrivée aux commandes de Gérard Lutique en 2008, qui prend le relais d'Yves Van Haecke, le Cercle n'en regroupe plus qu'une poignée de membres. Décision est alors prise de renverser la vapeur. Moins de projets, plus d'activités susceptibles de repositionner le Cercle comme un acteur majeur du dialogue franco-russe...la suite est inscrite dans le site du Cercle.

Histoire rédigé par Christophe Cordonnier - Président Fondateur du Cercle Kondratieff

 

Aujourd'hui

Le positionnement de l'association se tourne vers le monde des affaires et de l'entreprise, avec des activités et actions ouvertes à un public averti qui portent principalement sur 3 axes majeurs:

1 - L’organisation d’évènements Kondratieff, tant en France qu'en Russie, sur des thèmes économiques, sociaux, sociétaux et culturels. Ces évènements sont ouverts au public, sous 3 formats :

  • Evènements Kondratieff, principalement des thèmes de nature microéconomique permettant de faire intervenir des experts et en particulier des membres de l'association
  • Rencontres Kondratieff, permettant à des personnalités du monde culturel, économique et autres de présenter des réalisations
  • Conférences Kondratieff sur des thèmes macroéconomiques
Certains évènements peuvent être organisés en partenariat avec des institutions, des associations, voire des entreprises. Mais aussi d'être sollicité par des institutions et des associations afin que certains de nos membres interviennent qu'elles organisent.

2 - Des publications, sous forme :

  • D'ouvrages, principalement en coédition (actuellement avec AFNOR Editions)
  • D'articles et notes d’experts rédigés par nos membres
3 - Une Newsletter périodique interne réservée uniquement aux membres cotisants
 
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